Comment doit réagir l’entourage dès que nous commençons à sortir de la dépression ?

depression-sortirDès la disparition des symptômes les plus apparents de la dépression, l’entourage a tendance à penser trop hâtivement que la personne est totalement guérie. Or, comme pour de nombreuses autres maladies longues et lourdes, entre la période d’amélioration et la guérison définitive, il y a toujours un temps de convalescence. Ce n’est pas parce que la personne va mieux et que ses symptômes ont vraiment diminué, que la cause est traitée et que la rémission est viable. Le dépressif a besoin de  » se remettre  » de sa maladie. Cela peut prendre plusieurs mois, le temps de se réadapter petit à petit et de reprendre sa vie normale. Au même titre qu’après avoir eu la jambe dans le plâtre pendant un mois, vous n’allez pas faire un footing de 10 kilomètres !
Vous allez d’abord faire de la rééducation. Dans la dépression, c’est pareil ! Cette période de  » rééducation  » correspond à la réintégration progressive de la personne dans son univers intérieur et extérieur.

L’entourage doit prendre conscience de l’importance de cette période et ne pas exiger du convalescent qu’il fasse  » l’impossible « .  » Tu vas tellement mieux, que demain, je te propose d’inviter tous nos amis à la maison !  » Même si cela procède d’une bonne intention, évitez car vous allez brusquer la personne. Dites lui plutôt  » Et si on invitait nos cousins que nous n’avons pas vus depuis longtemps ! « . Le convalescent ne peut, du jour au lendemain, retrouver sa vie sociale. Cela se fait progressivement. Si vous voulez l’y aider, commencez également progressivement, par un cercle d’amis intimes puis un peu plus large. Une conduite  » raisonnable  » est parfois difficile à adopter pour l’entourage. La famille et le conjoint, épuisés par la période qu’ils viennent de subir, n’ont plus la possibilité de prendre du recul. Ils auraient volontiers envie de  » se lâcher « . Ils sont donc tendance à relâcher leurs efforts de bienveillance dès que les signes de dépression s’estompent. L’idée qu’il faut encore patienter peut être décourageante. Mais ne lâchez pas vos efforts. L’entourage doit se dire qu’il a franchi le plus dur mais que ce n’est pas fini. Nous pourrions comparer cela à un régime : une fois les kilos perdus, il faut un temps nécessaire à la stabilisation. Si nous relâchons nos efforts, nous reprenons tout. Il en va de même pour la dépression : pour éviter une rechute, il est primordial de ne pas relâcher les efforts dès la diminution des symptômes. Bien au contraire. Mais n’oubliez pas que le plus dur est fait !

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