Comment explique-t-on la dépression chronique ?

depression-chroniqueLes risques de rechute sont une réalité et dans 25 % des cas, la rechute induit le passage à la dépression chronique qui se manifeste alors par la succession d’épisodes dépressifs s’enchaînant les uns aux autres.

Si le premier épisode dépressif est lié à des facteurs identifiables tels que le stress, un deuil, un choc émotionnel…, la venue des épisodes dépressifs ultérieurs est de moins en moins dépendante de facteurs déclenchants.

Les premiers épisodes dépressifs créent une fragilité qui facilite le passage à la chronicité. Après une dépression grave, le risque d’un nouvel accès dépressif est quatorze fois plus élevé que chez une personne qui n’a jamais connu de dépression. La dépression chronique serait la manifestation d’une activité autonome du cerveau selon des mécanismes neurochimiques complexes.

Dérèglements hormonaux, troubles du sommeil et insuffisance d’exposition à la lumière sont autant de facteurs qui favoriseraient la récurrence des épisodes dépressifs. Les systèmes neuroendocriniens qui sont responsables et de la régulation du sommeil et de l’humeur sont liés. Ainsi, les spécialistes ont constaté que l’insomnie chronique facilitait l’apparition d’épisodes dépressifs, de même que l’insomnie était souvent le premier signe annonciateur d’une dépression naissante. Par ailleurs, une exposition insuffisante à la lumière du jour entraîne des troubles du sommeil et génère une humeur dépressive. Ce n’est pas un hasard si le taux de dépressifs et de suicide dans les pays nordiques est bien plus élevé que dans les Caraïbes !

La consommation de drogue ou d’alcool est-elle un facteur déclenchant ?

Cette question est à double tranchant : les drogues peuvent provoquer — par leurs effets chimiques dans le cerveau — la dépression, au même titre que la dépression peut inciter la personne déprimée à consommer des drogues. Ces deux cas de figure sont imbriqués l’un dans l’autre, ce pourquoi il est difficile de dire si la consommation de drogue est la cause ou la manifestation d’une dépression.

L’alcool et les drogues favorisent un désordre biologique général du cerveau. La plupart des drogues prises lors de la dépression ont des effets trompeurs : le dépressif croit soigner sa dépression, parce que la drogue le désinhibe ou lui fait oublier ses soucis. Ces modes de refuge sont même recherchés. Cela s’avère particulièrement vrai chez nombre d’adolescents qui — parce qu’ils sont mal dans leur peau et couvent une dépression — s’oublient dans les drogues.

Plus une personne dépressive, sous traitement antidépresseurs, continue de consommer des drogues, moins l’antidépresseur agit. D’autre part, l’interaction aggrave le trouble dépressif. Pour se sortir du cercle vicieux :  » Plus je vais mal, plus je prends de drogues et plus je prends de drogues, plus je vais mal « , voyez avec votre médecin comment envisager un traitement simultané de la dépression et de l’intoxication. Si vous prenez des antidépresseurs pour aller mieux, pourquoi vous gâcher les chances de guérison en prenant trop de drogues qui, de manière générale, diminuent l’aptitude et la volonté à se prendre en charge ?

Les drogues et leurs effets

Alcool :
Provoque un effet de stimulation et un sentiment de confiance en soi procurant une sensation d’apaisement.

Amphétamines :
Permettent de lutter contre la fatigue et la baisse de l’estime de soi.

Cannabis :
Donne l’illusion que l’angoisse s’estompe, mettant à distance les évènements stressants. Donne l’impression d’être libéré, ce qui contraste avec le sentiment d’enfermement de la dépression.

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