Contre la dépression : apprendre à être heureux

depression-apprendre-bonheurLe bonheur, ça s’apprend !

Soigner sa dépression, c’est également apprendre à voir les choses autrement pour éviter qu’elles ne nous affectent pas et nous rendent déprimés. Si face à un évènement pénible, nous avions la capacité de voir l’aspect positif – et non négatif — nous irions beaucoup mieux. Tout évènement quel qu’il soit, comporte toujours un aspect positif et un aspect négatif. Apprendre à voir le bon côté des choses renvoie à une question de perception. Bien sûr, ce n’est pas facile à faire lorsque nous sommes dépressifs. Rien n’est facile ou ne semble possible quand nous sommes dans un tel état. Mais nous ne devons jamais oublier que la dépression est une maladie du cerveau et que si le cerveau est capable de voir le négatif, il est aussi capable de voir le positif. Nous avons en nous les causes de la dépression au même titre que nous avons en nous les ressorts de la guérison. Le bonheur, ça s’apprend ! Il faut aussi le vouloir. Changer nos modes de pensée et de perception demande un important effort : c’est possible et cela dépend non seulement de nous mais également de ce que nous voulons faire de notre vie.

La base de cette  » éducation positive de l’esprit  » est la reconnaissance, la prise de conscience et la gestion de nos émotions négatives, perturbatrices et génératrices d’un mal-être. Quand celui-ci prend de l’ampleur, il engendre des états d’humeur dépressive. A l’inverse, si nous sommes en mesure de le refreiner grâce à une vision plus positive, nous tendons vers le mieux-être. Nous devenons moins vulnérables et moins sujets à la déprime.

Comment apprendre à cultiver le bonheur? Les règles d’or de Matthieu Riccard

Voici une véritable leçon de philosophie, de sagesse, ou tout simplement de bon sens que nous enseigne Matthieu Riccard, moine bouddhiste, interprète français du Dalaï Lama et auteur de l’ouvrage Plaidoyer pour le Bonheur. L’approche de la  » guérison de l’esprit  » par les bouddhistes est assez proche en de nombreux points, des thérapies cognitives.

Le bonheur dépend-il de nous ? Sommes-nous les artisans de notre bonheur ?

Dans les sociétés modernes et occidentales, nous plaçons nos problèmes, nos craintes ou nos espoirs à l’extérieur de nous-mêmes. Nous cherchons toujours une paix intérieure et extérieure. Mais en réalité, nous lui tournons le dos car nous la cherchons souvent là où elle n’est pas. Il est vrai qu’il est toujours mieux et plus confortable d’avoir les conditions extérieures de vie les meilleures possible. Seulement, il est vital de comprendre que ces circonstances influent sur notre bien-être ou notre mal-être mais ne le déterminent pas.

Notre condition intérieure est plus forte. Prenons deux exemples extrêmes. Nous pouvons vivre dans un petit paradis et être très mal dans notre peau. Si vous habitez dans un bel endroit, que votre boulot est bien payé, que vos enfants sont adorables et vous aiment… : si vous n’êtes pas bien, rien n’y fait. Et le contraire ! Nous pouvons vivre dans des conditions très difficiles et précaires, ou dans des pays où la misère et la guerre nous assaillent tout en conservant notre force d’âme, la maîtrise de ce que nous sommes et le goût de vivre. J’ai pris ces deux cas extrêmes pour souligner que les conditions extérieures influent mais ne déterminent pas le bonheur. La façon dont nous allons les traduire intérieurement est plus forte. Tout ce qui consiste à remédier, à transformer ou à améliorer est au coeur de la réflexion bouddhiste, au coeur de chaque être humain. Qui n’aspire pas au bonheur ? Maintenant, il y a plusieurs méthodes pour y parvenir et la voix de la conscience et de ses émotions négatives en est une. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si de nombreux chercheurs en thérapies cognitives s’intéressent d’aussi près aux techniques bouddhistes de reconnaissance et de gestion des émotions négatives et de la manifestation des symptômes de la souffrance.

Quelles sont les différences — ou les similitudes entre l’approche bouddhiste et psychothérapeutique occidentale des émotions ?

Une des grandes découvertes des sciences cognitives a été de dire que les pensée et les émotions sont une et même chose. Pour les cognitivistes, il n’est pas d’émotion qui n’emprunte pas les circuits cognitifs du cerveau. De son côté, le bouddhisme définit l’émotion de la façon suivante :  » L’émotion, c’est ce qui met la pensée en mouvement « .

La psychanalyse reste encore très basée sur les concepts freudiens de l’inconscient. Ils sont, au demeurant, indispensables pour comprendre et dénouer certains traumatismes. Mais je connais beaucoup de personnes qui après avoir fait une analyse, se sont tournées à un moment de leur vie vers le bouddhisme. Elles regrettaient que la psychothérapie occidentale soit sans cesse tournée vers le  » Je  » et vers le  » Moi « . Elles en avaient assez d’être sans arrêt centrées sur elles-mêmes et de ressasser le passé. Même si la psychanalyse libère dans un premier temps, elle comporte néanmoins des limites.

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