Le témoignage d’un dépressif

« Cet état s’est installé subitement, du jour au lendemain. Je me rappelle avoir rencontré plusieurs contrariétés et quelques échecs les jours précédent, une série noire si je puis dire. Je crois que ce malheureux enchaînement à déclencher quelque chose dans mon inconscient. Je me souviens de ce matin là. En ouvrant les yeux, j’ai remarqué que j’étais différent : une absence totale de motivation et une crainte inexplicable étaient bel et bien installées. Cet état n’a pas disparu les jours qui suivirent et j’étais comme déconnecté du monde extérieur. Je ne trouvais aucun sens à mon existence. Ma partenaire m’a suggéré de consulté mon docteur, ce que j’ai fait rapidement. Il a rédigé une ordonnance pour un traitement antidépresseur dont j’ai oublié le nom. En revanche, je n’ai pas oublié du tout les premiers effets indésirables du traitement. J’ai été malade comme un chien : envie de vomir, l’impression d’être ivre sans avoir bu et migraines … J’ai consulté à nouveau. Le docteur m’a rédigé une nouvelle ordonnance, pour un autre médicament, et c’est vrai qu’il m’a rendu moins malade si on passe sur la persistance des migraines. J’en ai parlé avec une personne au travail qui m’a lancé : « faut te remuer mon vieux, ça ne partira pas sinon ! » car je commençais à accumuler du retard dans mon travail. Je redoutais par-dessus tout que mon patron le remarque et qu’il me mette à la porte. Finalement le médecin a préféré me mettre en arrêt maladie. Lorsque que je me retrouvais dans la solitude de ma maison, j’éclatais en sanglot, comme un enfant. Aujourd’hui je suis toujours sous antidépresseurs… et j’y suis dépendant, c’est terrible. Si j’essaie d’arrêter je me retrouve avec des douleurs improbables : dans toutes les articulations, dans le dos, le cou et même la mâchoire ! On dirait un pépé de quatre vingt ans plein d’arthrose alors que je viens juste d’avoir quarante ans. Ce traitement est une drogue, j’en suis conscient aujourd’hui : dès que je ne le suis pas régulièrement je présente toutes les manifestations du manque, comme ils sont décrits pour les drogués … Cinq jours seulement, c’est la période que j’ai pu tenir quand j’ai essayé d’arrêter mon traitement. Mon meilleur ami m’a parlé de psychothérapie pour m’aider à m’en sortir, mais là je suis au bout du rouleau et je ne crois plus en rien. Que me conseillez-vous ? »

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