Dépression : comment arriver à modifier ses pensées ?

depression-modifier-penseeDans le quotidien, les émotions dépressives qui surviennent sont souvent la conséquence d’interprétations négatives que nous venons de faire de ce qui se passe. Ces interprétations sont le plus souvent des pensées et des images qui se produisent spontanément, de façon automatique, sans raisonnement conscient, et dont nous n’avons pas nécessairement conscience si nous ne leur portons pas attention. L’approche cognitive propose une démarche de conscientisation, c’est-à-dire d’observation de ces pensées automatiques dans les moments où nous nous sentons triste, apathique ou en colère afin de pouvoir les remettre en question, c’est-à-dire vérifier si elles correspondent à la réalité, et éventuellement les modifier. Pour cela, il faut se questionner et expérimenter : Est-ce que j’ai des preuves ? Y a-t-il des faits qui contredisent mon interprétation ? Qu’arrive-t-il si je laisse tomber telle tâche, si j’exprime mon besoin ou mon opinion ? Est-ce que les suites de mon échec s’avèrent si désastreuses ? Quelle conséquence cela a-t-il si une personne me désapprouve ?

Une meilleure connaissance des pensées et des circonstances qui déclenchent les émotions dépressives amènent à mieux prendre conscience des croyances de base. Par exemple : je suis une personne qui croit que tout doit être parfait, j’ai besoin de l’approbation de tous, je pense que je vaux moins que les autres. Ces croyances peuvent alors être remises en question. Il devient possible d’adopter de nouvelles croyances plus adaptées qui laissent plus de latitude pour gérer ses comportements et sa vie différemment.

Comment s’aider soi-même : et si je me posais les bonnes questions ?

Rappelons tout d’abord qu’il est quasiment impossible de se sortir seul d’une dépression. Mais il n’empêche que l’on peut s’aider à voir plus clair dans nos émotions et nos pensées en se posant quelques questions.

Voici quelques pistes de réflexion qui vous mettront sur la voie :

1. Observez les situations et les pensées qui déclenchent les émotions dépressives.

– Exemples de situations : tâche trop lourde, relations insatisfaisantes, difficultés financières, perte d’emploi…
– Exemples de pensées : je n’ai pas le choix, ce n’est pas juste que je n’aie pas d’aide, je n’y peux rien, je ne peux pas lui parler car il se fâcherait, je ne vaux rien.
– Exemples de croyances : le travail passe avant tout, il faut éviter les conflits.

2. Questionnez-vous et testez vos interprétations afin d’adopter des pensées qui permettent d’agir différemment, de résoudre les problèmes et de s’adapter aux situations incontrôlables. Par exemple, posez-vous les bonnes questions :

– Est-ce vrai que je n’ai pas le choix ? Sur quoi je me base pour penser cela ?
– Quels sont les avantages et les inconvénients de considérer que je n’ai pas le choix ?
– Quels seraient les avantages et les inconvénients d’affirmer mes besoins ?

Que peut-on attendre d’une thérapie cognitive ?

La thérapie cognitive permet un traitement rapide, centré sur les problèmes des états dépressifs et anxieux. Dans un premier temps, elle permet de faire un bilan non seulement sur les symptômes de la dépression mais aussi sur les pensées et les comportements qui lui sont associés. Cette étape revient à analyser le contenu des pensées habituelles (souvent négatif) ainsi que les conclusions du patient qui en découlent. Dans un second temps, il convient d’apporter des solutions à ce processus  » penser-dire-faire « . C’est ici que réside toute la richesse du dialogue entre le thérapeute et son patient : le thérapeute va au fur et à mesure des séances ramener le dépressif dans  » le droit chemin « .

En somme, la thérapie cognitive est un moyen pour toute personne dépressive de prendre progressivement conscience de l’altération de son schéma  » penser-dire-faire « . Le fait de questionner sans cesse ce que nous ressentons et ce que nous voyons comme conséquence, nous amène à déceler les causes de ce dysfonctionnement (la peur de l’échec, le besoin d’être aimé…). Nous nous apercevons alors que chaque parole, pensée ou acte est la manifestation d’une de ces causes. Dès lors, nous posons un autre regard sur nos pensées et nos comportements car nous avons compris ce qu’ils traduisaient et d’où ils venaient. Plus nous remontons dans la  » chaîne des pourquoi ? « , plus nous arrivons à y répondre et plus nous contribuons à devenir objectif face à nos schémas dépressifs. Nous devenons plus lucides par rapport à nous-même. C’est de la sorte que nous arrivons graduellement à casser le cycle infernal de la dépression.

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