En quoi la thérapie cognitive peut-elle aider à sortir de la dépression ?

depression-therapie-cognitiveLa psychothérapie cognitive a pour but d’amener le patient à modifier la signification qu’il porte sur les évènements. Elle pose pour principe que la pensée et le langage contribuent à la venue de l’état dépressif et à son entretient, que les états mentaux sont en accord avec la pensée exprimée ou encore, qu’il y a une corrélation entre pensée, langage et comportement. Nous pourrions vulgairement schématiser cette corrélation de la façon suivante :  » Je pense donc je suis donc je fais « . Le but de la thérapie cognitive serait de remonter en arrière cette chaîne  » Ce que je fais ou la manière dont je me comporte, est lié à ce que je dis, qui est lié à ce que je pense « . Ce que je dis est lié à ce que je pense et ce que je pense engendre ce que je dis… Ainsi de
suite. La relation de cause à effet du triptyque  » penser-direfaire  » est le pilier de la thérapie cognitive qui va s’appuyer sur le raisonnement, les croyances et les ruminations intérieures du patient.

De nombreux dépressifs qui ont eu recours à cette forme de thérapie, avouent qu’elle s’avère particulièrement efficace pour éviter les rechutes et les récidives, surtout lorsqu’elles s’adressent à des personnes atteintes de troubles de la personnalité et notamment, d’une faible estime de soi.

Comment fonctionne la thérapie cognitive ?

Par évènements cognitifs, nous nommons l’ensemble des pensées ou des représentations qui arrivent en clair dans la conscience. Dans la dépression, ces pensées revêtent un caractère répétitif et obsédant. Leur thématique sombre et culpabilisante est à la source d’affects dépressifs et de comportements de découragement. C’est ainsi que les dépressifs sont amenés à ressasser qu’ils ne sont plus capables de rien et qu’ils ne valent rien. La thérapie cognitive va alors essayer de modifier cette relation pensée / comportement en appréhendant les émotions et les comportements, puis en s’attachant à corriger ce qui génère les pensées dites  » automatiques  » et les distorsions cognitives.

Déceler les pensées automatiques

Ceci constitue la première phase de la thérapie cognitive et passe par le repérage des émotions spécifiques du dépressif. Le thérapeute amène son patient à se livrer, à déverser ce qu’il a sur le coeur et ce qu’il ressent dans toute situation lui étant pénible. Le patient peut avoir des comportements révélateurs de  » blocages  » lorsque certains sujets sont abordés. Il peut par exemple se mettre à pleurer dès lors qu’il va parler – ou que la thérapeute va le conduire à parler – de ce qu’il fait le week-end ou le dimanche. Une femme peut avoir une réaction subite lorsque que la discussion va faire allusion à son physique… Il s’agit pour le thérapeute d’analyser ce qui se passe derrière ces émotions. Pourquoi telle pensée a suscité tel comportement ?

Disséquer les schémas cognitifs

Après plusieurs séances consacrées aux liens émotions / réactions, le thérapeute s’attache aux schémas cognitifs, c’est-à-dire aux représentations que se fait le sujet de lui-même, des évènements qu’il a vécus et du monde qui l’entoure. Pour cela, il part de situations réelles que vit la personne et l’amène par une série de questions à disséquer les conséquences et les significations de ses actes. Par exemple, prenons le cas d’un patient qui s’inquiète pour sa situation professionnelle et qui travaille comme indépendant. Tous les jours, il peut se demander :  » Le personne à qui j’ai envoyé un mail ne me réponds toujours pas. Qu’est-ce que cela veut dire ? Est-ce que j’ai été maladroit ? Est-ce qu’elle l’a lu ? Si elle ne me rappelle pas, je n’aurai donc pas de travail… « . Il va de soi que si la personne est anxieuse, elle va très rapidement monter de fil en aiguille un raisonnement du genre :  » Je ne m’en sortirai jamais. Les conséquences vont être dramatiques. Si je rappelle cette personne, je vais passer pour une emmerdeuse et je serai grillée… « . L’action du thérapeute va être d’interroger le patient sur chaque étape de son raisonnement.  » Pourquoi avez-vous peur de le rappeler ? Et si vous le rappelez, qu’avez-vous peur de perdre ? Est-ce que cela comporte vraiment un risque ? Pourriez-vous vraiment être  » grillée  » ? Qu’est-ce qui vous fait penser cela ? Cela voudrait-il dire que vous ne vous en sortirez jamais ?  »

L’objectif des questions du thérapeute – qui amène le sujet à remonter la chaîne des  » pourquoi ? » – est de faire apparaître les fondements de la morale du sujet, de l’amener à  » cracher  » ce qui se cache derrière ces propos. Si, dans cet exemple, le patient est amené à dire  » Si je rappelle la personne, je vais passer pour une emmerdeuse « , cela cache une peur évidente de l’échec. Le but du thérapeute sera d’amener petit à petit le patient à dire et à admettre  » J’ai peur de l’échec. Je n’ai pas droit à l’échec. C’est dévalorisant d’échouer. Si j’échoue, c’est que je ne suis pas capable. Il n’y a qu’en réussissant que je prouve que je suis quelqu’un de bien, etc.  » Nous voyons ainsi apparaître tout le schéma de cause à effet qui structure la pensée, les dires et les actes du patient. Le thérapeute devra mettre l’accent sur les failles, sur les croyances dépressives du sujet. Dans le cas présent, sur la non-acceptation et la peur de l’échec, l’importance du regard d’autrui, la mésestime de soi, l’obsession de la perfection (si l’on n’est pas parfait, on n’est rien)… Au coeur de sa thérapie, revient une question essentielle :  » A quoi cela vous sert-il de voir les choses de cette façon ? « .

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