La dépression a-t-elle des raisons biologiques, distinctes des évènements extérieurs ?

depression-raisons2La dépression peut-elle être provoquée par une déficience hormonale ou un dysfonctionnement des neurotransmetteurs ?

Bien que les causes de la dépression soient complexes et uniques à la structure psychique de chaque individu, il est néanmoins possible d’affirmer que la dépression résulte de l’interaction d’un ensemble de facteurs (causes) biologiques, psychologiques (cognitifs, émotifs et comportementaux) et circonstanciels.

Le cerveau d’une personne déprimée fait état d’un déséquilibre pathologique. Il ne reste pas inerte lorsqu’il se dérègle, et met en route — dès qu’il perçoit des anomalies un processus d’adaptation. Lequel est souvent inapproprié quand la personne est dépressive (rappelons à ce sujet que toute dépression ou coup de déprime provient d’une inadaptation du cerveau à son environnement). Mais il convient de distinguer ce qui appartient spécifiquement à la dépression et ce qui tient du processus mis en route par le cerveau pour s’y adapter. La dépression met du temps à s’installer et résulte d’une déficience de certains neurotransmetteurs. L’humeur dépressive est liée au mauvais fonctionnement de transmissions synaptiques pour lesquelles trois neurotransmetteurs sont impliqués : la noradrénaline, la dopamine et la sérotonine. C’est au niveau de ces transmissions qu’agissent les anti-dépresseurs (se référer au chapitre  » Comment agissent les anti-dépresseurs ? « ).

Quant aux variations hormonales, les femmes, davantage que les hommes, sont exposées aux fluctuations. Leur cerveau doit donc s’adapter autant à ces modifications internes qu’aux évènements extérieurs. Après un accouchement, certaines femmes peuvent ressentir le  » baby blues  » – symptômes de dépression qui peut survenir trois jours après l’accouchement (il se manifeste par des pleurs, de la fatigue, des idées noires et des difficultés d’endormissement). Ces signes, similaires à ceux de la dépression, disparaissent au bout de quelques jours et ne nécessitent pas de traitement médicamenteux — sauf s’ils persistent).

A la ménopause, les femmes peuvent avoir des dérégulations de l’humeur. Si ces fluctuations hormonales ne sont pas stricto sensu une cause de dépression, elles rendent les femmes plus sensibles à leur vie émotionnelle. En revanche, une baisse trop significative de la prolactine peut être la cause de troubles d’anxiété, de stress, d’émotions et de dépression (légère mais réelle).

La thyroïde

Elle régule 27 fonctions du corps dont la régulation de l’humeur. Quand elle fonctionne mal, qu’elle est trop (hyperthyroïdie) ou pas assez (hypothyroïdie) secrétée, elle peut provoquer des dépressions endogènes. Cela est assez courant chez les femmes dont l’âge se situe entre 25 et 30 ans. La thyroïde régule l’activité de l’anxiété, de la fatigue et des émotions. Si elle ne fonctionne pas bien, elle va augmenter l’anxiété, et baisser les défenses immunitaires. Le corps va se sentir fatigué : cela va fatiguer le système nerveux, puis fatiguer et rendre vulnérable le psychisme, et par conséquent, augmenter les risques de dépression. C’est alors que l’hypo ou l’hyper thyroïde peut générer une dépression endogène (et non psychogène) liée à des évènements extérieurs.

En cas de mauvais fonctionnement de la thyroïde, chez la femme autant que chez l’homme, le traitement consiste à compenser la sécrétion. Si cela ne passe pas, c’est alors que l’anti-dépresseur est envisagé.

Les céphalées matinales sont-elles un signe de dépression ?

Près d’une personne sur treize souffrirait de céphalées matinales — à savoir, de maux de tête au moment du lever. Assimilés à différents troubles du sommeil (apnée obstructive du sommeil, ronflements bruyants, grincement des dents ou agitation des membres), ils sont un bon indicateur de la présence d’une dépression. Là encore, des scientifiques ont étudié plusieurs profils de personnes atteintes de céphalées matinales et ont dressé le constat suivant :

Les facteurs les plus fréquemment associés aux céphalées chroniques sont les troubles anxieux et dépressifs ainsi que les dépressions majeures (puis, la consommation d’anxiolytiques, une forte consommation d’alcool et l’hyper tension).

Même si ce lien de cause à effet n’est pour pas encore suffisamment démontré, il n’en demeure pas moins que la présence de l’un peut favoriser la survenue de l’autre. Nous ne savons pas si ces douleurs matinales sont une manifestation de la dépression ou en sont la cause.

Puis-je faire une dépression alors que tout va bien ?

Si aucun évènement fâcheux ou bouleversant nous plonge dans un état dépressif, que notre vie va bien mais que nous nous sentons dépressif les causes sont certainement liées à une dépression endogène. N’oublions pas que le cerveau est un organe du corps et qu’il peut, comme n’importe quel organe, être atteint. Des fragilités génétiques ayant généré un terrain psychique vulnérable ou des fragilités individuelles sont des conditions suffisantes à l’apparition d’une dépression durable. Beaucoup de dépression sont des maladies comme les autres. Elles ne nécessitent pas forcément de causes extérieures déclenchantes.

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