L’adolescence est-elle une phase propice à la dépression ?

L’adolescence est une période de la vie où nous construisons notre identité d’adulte. Le désir et le besoin d’affirmation de soi sont indispensables : nous avons besoin de dire qui nous sommes, ce que nous voulons et ne voulons pas et cherchons à nous affranchir de l’autorité parentale.

Seulement, à cet âge-là, nos repères sont encore incertains et nos comportements, comme nos états d’âmes, sont très fluctuants. Communiquer n’est pas une mince affaire et se traduit assez fréquemment par des comportements rebelles et agressifs — surtout vis-à-vis des parents et de la famille. L’indignation ou les reproches alors manifestés par l’entourage sont nuisibles à l’adolescent qui essaie de construire son identité.

En somme, l’adolescence est souvent décrite comme une période psychiquement et physiquement ingrate ce qui explique que nombre d’adolescents souffrent et se sentent mal dans leur peau. Les psychiatres et médecins dressent d’ailleurs ce constat navrant qu’une proportion croissante d’adolescents est dépressive et que le taux de tentatives de suicide augmente parallèlement.

Peut-on distinguer les comportements types de l’adolescence et ceux de la dépression ?

Des symptômes…

La colère, les ruptures affectives violentes, le recours à des substances psychotropes, une méchanceté en apparence gratuite à l’égard de ceux qu’il aime le plus, des difficultés scolaires, sont autant d’expressions utilisées par l’adolescent pour communiquer sa dépression. A l’instar de toute personne dépressive, il présente les mêmes symptômes : tristesse, isolement, perte d’énergie, fatigue, idées noires…

« Mon enfant a moins d’appétit, il est un peu morose en ce moment, il n’écoute plus ses disques » remarquent les parents. Il peut en effet s’agir d’une dépression mais cela est loin d’être une certitude. Surtout si les enfants continuent d’avoir de bons résultats scolaires car les parents ne soupçonnent pas qu’il peut y avoir un épisode dépressif masqué.

… trompeurs

En effet, la dépression est difficile à déceler chez l’adolescent pour deux raisons. La première est que ces symptômes sont souvent dissimulés par les comportements de révolte ou de refus. La seconde est qu’aucun de ces signes ne justifie à lui seul une preuve de dépression : ces comportements d’opposition, ce besoin d’identité sont une étape inhérente au développement psychique de l’adolescent. Le manque de confiance en soi, la peur de ne pas réussir et de ne pas plaire aux parents ou l’inquiétude sont des symptômes normaux. Là encore, seul un médecin peut établir le diagnostic de dépression.

Quels sont les signes qui doivent alerter ?

Changement assez subit de comportement ou d’habitude

Un adolescent qui n’a plus d’entrain ni d’appétit le matin, qui est morose et qui n’écoute plus les disques qu’il aime alors qu’il dévorait son bol de corn flakes et mettait la musique à tue-tête dans sa chambre, témoigne d’un changement d’humeur qui doit alerter les parents.

L’isolement

Certains adolescents sont de toute évidence timides et peu sociables mais dès lors qu’ils passent beaucoup plus de temps seuls dans leur chambre, qu’ils ne desserrent pas la bouche à table, qu’ils invitent moins les copains à la maison ou qu’ils sortent moins, il y de fortes chances pour qu’ils traversent une période de déprime.

Le laisser-aller physique

Essentiellement chez les filles, le laisser-aller vestimentaire, du look et de la coquetterie est souvent révélateur. « Bien dans sa tête bien dans son corp  » est valable dans l’autre sens. Si l’apparence extérieure est négligée, elle révèle un mal-être intérieur.

La morosité

Les adolescents déprimés ne sont pas apathiques mais sont l’ombre d’eux-mêmes. Par exemple, ils continuent de faire les courses, de venir à table, de parler. Leur corps est là mais leur esprit semble absent. Ils donnent l’impression d’être dans leur « bulle ».

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