Le stress est-il responsable de la dépression ?

depression-stressIl est évident que le stress est le fléau de tous nos maux psychiques, de notre vulnérabilité, de notre épuisement moral et de nos coups de bues. C’est à cause du stress que nous commençons à envisager le pire, à mal dormir, à avoir des troubles de l’appétit, à devenir irritable, que notre humeur vacille et change…. Si le stress n’est pas en soi un facteur directement déclenchant de la dépression, il contribue nettement à nous mettre dans un sale état. Si nous n’arrivons plus à le dominer, c’est alors lui qui nous domine et c’est ainsi que beaucoup de personnes stressées en viennent à prendre des anxiolytiques, des tranquillisants, des somnifères…

Le stress est défini comme une réaction d’adaptation à une stimulation extérieure (physique, psychique ou sensorielle) considérée comme une situation nouvelle ou dépassant les capacités d’adaptation. Plusieurs processus biologiques et psychologiques se mettent alors en jeu pour tenter de faire face. Si ces processus sont mal adaptés, ils produisent des effets négatifs. Le stress, certes nécessaire à l’adaptation comportementale dans l’urgence, entraîne à la longue le dysfonctionnement des sites d’action des neurotransmetteurs et même une modification de leur densité cérébrale pouvant expliquer l’anxiété, puis les modifications de l’humeur et du comportement.

Biologiquement, les dysfonctionnements de l’axe du stress chez les sujets déprimés ne sont guère différents de ceux remarqués dans le stress chronique : dans les deux cas, nous constatons une augmentation du taux de cortisol dans le sang et les urines mais surtout une mauvaise autorégulation de cette sécrétion de cortisol. Quand celui-ci est trop secrété, il génère un stress trop important qui à son tour, peut conduire à des formes de dépression. Le stress nous inhibe, se transforme en peur, qui se transforme en anxiété, laquelle se transforme en dépression. Nous avons tous une dose nécessaire de stress mais lorsque la limite est franchie, il devient pathologique (cette notion de frontière entre le normal et le pathologique est également vraie pour ce qui concerne l’anxiété, la tristesse et le manque d’entrain). Or, il s’avère qu’une majorité de personnes déprimées fait état d’un taux beaucoup trop important de cortisol.
Un personne, stressée de nature, est plus vulnérable face aux agressions, ce qui remet en cause ses capacités d’adaptation. En termes médicaux, cela traduirait une réaction particulière et inadaptée des mécanismes biologiques nécessaires à une bonne gestion du stress. Les stress répétés induisent des modifications biochimiques qui seraient à l’origine de modifications du système limbique constituant une sorte de  » mémoire de la dépression « , rendant les patients prédisposés à des épisodes ultérieurs de dépression. Il peut s’agir d’expériences stressantes précoces non liquidées (auxquelles nous n’avons pas trouvé une adaptation possible) qui restent quelque part dans un coin de notre mémoire et qui peuvent entraîner, à force, une empreinte biologique susceptible de modifier la connaissance et la perception que nous avons des évènements et de nous même. Or, cette cognition négative est au coeur du vécu dépressif. Cette mémoire affective enfouie dans le système limbique active sans cesse l’hypothalamus : les regrets, les remords, l’envie, la honte, l’envie, agissent comme autant de stress internes qui rendent difficile — en termes biologiques — la distinction entre dépressions endogènes et dépressions réactionnelles.

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