Nos réactions face à la vie sont-elles responsables de la dépression ?

Les aspects biologiques, cognitifs (mentaux), émotifs et comportementaux du fonctionnement humain sont en constante interaction. Une modification de n’importe quel de ces aspects a un impact sur les autres. Lorsqu’une personne est dépressive, elle a tendance à voir la réalité de façon plus négative. En retour, cette interprétation plus négative amplifie les émotions dépressives. De leur côté, les interprétations négatives de la réalité et les émotions dépressives influencent les comportements (amenant par exemple de la passivité) qui, en retour, ont un impact sur les pensées et les émotions.

Par conséquent, la dépression se développe habituellement en réaction à un stresseur (événement ou situation). Cette réaction est unique à chaque individu : certains seront effondrés après une mauvaise nouvelle alors que d’autres vont arriver d’eux-mêmes à dépasser un deuil.

Force est de constater que nous ne sommes pas tous égaux face aux évènements de la vie, et de facto, face à la dépression. Les facteurs sont nombreux et dépendent tant de l’enfance, que de l’éducation, que de nos schémas affectifs… Lesquels génèrent nos peurs, nos doutes, notre confiance en soi. Ce qui contribue à déterminer notre capacité à affronter et à interpréter les évènements de la vie.

depression-deuilFaire face à un deuil

Perdre une personne proche provoque un état de deuil dont les signes ressemblent à ceux de la dépression. Durant le deuil, malgré le profond chagrin qui nous habite et s’abat brutalement sur nous, il est possible – par moment – d’avoir goût à la vie et de ressentir du plaisir à faire les choses. Ces deux spécificités n’existent pas dans la dépression où la tristesse s’installe non pas brutalement mais progressivement et où la notion de plaisir — même si les circonstances de la vie s’y prêtent — est totalement anesthésiée.

Pour les médecins, la difficulté est d’établir la différence entre un deuil qui se prolonge (un coup de blues intense) et une dépression en réaction à ce deuil. Le deuil  » normal  » nous fait vivre intensément la personne à l’intérieur de nous même et nous arrivons à reprendre progressivement nos activités quotidiennes. A l’inverse, certaines personnes n’arrivent pas à se remettre d’un deuil. Cela est particulièrement vrai lorsque nous perdons notre conjoint à un âge avancé de la vie.  » A quoi bon finir ses jours tout seul ?  » est une réaction dont témoignent fréquemment les personnes âgées devenues veuves. La disparition nous obsède et nous ne pouvons la dépasser.
Quoi qu’il en soit, le deuil est l’une des expériences psychiques et émotionnelles les plus douloureuses à vivre. Dans ce cas, avant que la dépression ne vous gagne, allez tout de suite voir votre médecin pour qu’il vous donne un coup de pouce. Si vous pensez pouvoir vous en sortir seul, tant mieux ! Mais ne surestimez pas vos capacités dans ces moments-là. Nous sommes extrêmement vulnérables et nombre de personnes ont eu une dépression grave, plusieurs années après un deuil, pensant qu’elles pouvaient s’en sortir sans aide.

oui-je-veux-sauver-mon-couple