Pourquoi est-il difficile d’exprimer notre mal-être lors d’une dépression ?

depression-mal-etreLa dépression perturbe le dialogue avec soi-même : nous sommes noyés dans la confusion des émotions, des tourments, de la tristesse… Quand nous essayons d’exprimer notre mal-être, c’est comme si les mots n’existaient pas. Ils correspondent à un ressenti, à des émotions perturbatrices, à ce terrible  » flou  » qui nous angoisse. Nous utilisons souvent un langage approximatif, aussi vague que notre état d’être :  » J’en ai ras le bol ! J’en ai marre de tout ! « . Nous avons de la peine à décrire avec précision pourquoi nous en avons ras le bol. Ceci est l’une des raisons pour lesquelles il est si difficile de prendre conscience de notre dépression : elle altère le dialogue avec soi-même.

Vis-à-vis des autres, le dialogue est lui aussi, altéré. Nous trouvons peut être encore moins les mots. Il y a comme une gêne, une paralysie qui nous empêche de parler. Nous sommes comme prostrés. Les mots ont du mal à venir alors que notre tête est envahie d’idées. Mais nous ne parvenons pas à les  » cracher « . Quant à l’opinion que nous avons de nous-mêmes, nous pensons que ce que nous avons à dire n’est pas intéressant. Ce qui bloque encore plus la communication. Nous nous disons :  » De toute façon, ça ne va pas et j’ai pas envie de parler. Comme en plus, ça n’intéresse personne car ce n’est pas intéressant, à quoi bon le dire ! ». Nous ne savons pas comment  » cracher le morceau « , ni par où commencer, ni comment formuler nos phrases, ni quels mots utiliser… ? C’est le flou le plus total. Nous sommes inhibés. Ce sentiment n’a rien de honteux. Il est communément ressenti par toute personne déprimée ou dépressive. Mais si vous prenez conscience que  » ça va mieux en le disant ! « , dites-le avec vos mots, cela va vous libérer.

Comment parler de notre dépression ?

Parler de sa dépression n’est pas toujours facile. Nous en avons honte. Nous ne voulons pas inquiéter nos proches ou nous pensons que cela va passer, que ce n’est qu’un passage à vide. Méfiance ! C’est bien souvent en gardant les choses pour soi, qu’elles nous envahissent chaque jour davantage et que nous les ressassons à n’en plus finir.

Que vous ayez un coup de déprime ou une dépression, l’important est de parler, quels que soient les mots utilisés. Une fois de plus, n’ayez pas peur de la réaction de vos proches : dire pourquoi nous n’avons pas le moral est tout à fait humain. Dites vous bien que si l’un de vos proches était déprimé, vous aimeriez qu’il se confie pour pouvoir l’écouter et l’aider. Parler de sa dépression ne signifie pas décrire avec précision vos symptômes et leur cause profonde mais  » déballer ce que vous avez sur le coeur « . Votre entourage est le maillon – parfois indispensable – entre vous et le traitement. Il est celui qui peut vous conduire sur le chemin de la guérison. Bref, vous l’aurez compris : si vous voulez vous en sortir, n’ayez pas peur d’en parler à vos proches. Ils ne souhaitent qu’une seule chose : vous aider à vous en sortir. Ce n’est qu’en le mettant dans la confidence qu’il pourra s’en apercevoir. Vous devez en parler.

Cela ne signifie pas que vous devez dire :  » Devine quoi ! Je suis en train de faire une dépression « . Mais n’hésitez à vous confier et à dire avec vos propres mots, ce que vous ressentez, comme si vous vous parliez à vous-même.  » Tu sais, depuis trois semaines, ça va pas fort. Au début, je ne t’en ai pas parlé car je pensais que cela passerait. Mais je m’aperçois que non. Du coup, cela me rend hypersensible et je pars au quart de tour pour tout ; je suis susceptible, irritable. J’ai l’impression que rien ne va. Même une bonne nouvelle, ne me fait ni chaud ni froid. Je sais pas ce qui se passe, c’est vague, mais c’est comme cela que je me sens « . Utilisez vos propres mots. L’important est de dire sur ce que vous avez sur le coeur et de vous libérer de ce poids.

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