Pourquoi faut-il accepter d’être aidé quand on est dépressif ?

depression-aideQuand nous n’avons pas le moral, nous aimons nous changer les idées et apprécions le coup de téléphone de notre meilleure amie qui nous dit :  » Tu n’as pas grand moral ! Ne t’inquiètes pas, je ne vais pas te laisser broyer du noir. Tu es ma meilleure amie. Je viens de te voir. Ou si tu préfères, je passe te prendre et on va se balader ou papoter autour d’un verre « .

Savoir que nos proches sont affectueux et prêts à nous aider dès qu’ils nous voient tristes est un réconfort dont nous ne pouvons nous passer, que ce soit psychiquement ou humainement. Nous disons souvent que c’est dans le malheur que nous reconnaissons nos vrais amis. Preuve qu’ils sont là également pour nous remonter le moral quand ça ne va pas ! Si notre meilleur ami allait mal, nous ferions tout pour qu’il aille mieux. Il est donc important, lorsque nous ne sommes pas bien, d’accepter cette aide et de parler de ce qui ne va pas et de la manière dont on se sent. Nos amis ne sont pas là pour nous juger. Ils sont là pour nous aider.

Dans la dépression, s’il est indéniable que nous avons tendance à nous replier sur nous-mêmes, à laisser sonner le téléphone sans décrocher et à ne même plus avoir envie ni d’appeler, ni de voir nos meilleurs amis, ce réconfort et cette main tendue de l’entourage sont pourtant nécessaires. Sans aide extérieure, nous ne pouvons pas nous sortir seul d’une dépression. A l’inverse, grâce à l’affection et à la bienveillance de l’entourage, nous pouvons nous sortir d’un coup de blues avant qu’il ne dégénère en dépression. Nous sommes rarement lucides avec nous-mêmes pour la simple raison que nous voyons tout en noir : alors si nous ne faisons pas appel à nos proches dans ces moments là, quand allons nous le faire !

La dépression est une expérience intérieure qui, non seulement nous donne l’impression de ne plus pouvoir faire face à la vie, mais aussi d’être inaccessible à toute aide. Les choses n’ont plus prise sur nous. La culpabilité, l’angoisse, le sentiment d’échec, l’impression que notre malheur est définitif… tout cela concourt pour la personne dépressive à penser que rien ne peut l’aider. Ni personne.

Paradoxalement, nous ressentons le besoin d’une aide tout en étant sceptique — car pessimiste. Nous pensons que notre entourage ne peut, hélas, rien pour nous tout en attendant de lui qu’il nous  » sauve « . Cette ambiguïté déstabilise les proches qui ne savent plus  » sur quel pied danser « .

Lorsque nous sommes déprimés, la première des choses à faire est d’accepter de l’aide. Nous devons apprendre et ne pas avoir honte d’exprimer ce que nous ressentons. Nous devons aussi faire confiance et ouvrir notre coeur à nos proches et à tous ceux que nous aimons. Et nous ne devons pas penser que si nos proches nous aident et nous tendent la main, ce n’est pas parce qu’ils nous considèrent faibles, comme des personnes fragiles ou comme des enfants ! Cela traduit une fois de plus, notre perception erronée des gens et des évènements, liée à notre dépression

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