Pourquoi la psychothérapie peut-elle nous sortir de la dépression ?

depression-psychotherapieQue permet une psychothérapie ?

La dépression est une maladie qui se soigne et se guérit. Les médicaments sont indispensables mais encore bien plus efficaces s’ils sont associés à une psychothérapie.

Quelle que soit la forme choisie (psychothérapie, psychanalyse, psychothérapie comportementale…), le but d’une thérapie est de permettre au patient d’évoquer un ou plusieurs aspects émotionnels, des relations personnelles qui l’ont conduit à un épisode dépressif. Un travail sur soi ne s’entreprend pas seul. Il faut se faire aider. D’autant que lorsque nous sommes dépressifs, nous ne voyons plus les choses telles qu’elles sont, nous n’avons plus de capacités de discernement, nous avons des ruminations pessimistes, nous voyons tout en noir et sommes dans notre bulle avec notre vision  » dépressive  » de la vie, de ce qui nous entoure et nous affecte. Nous sommes dans l’illusion : d’où la nécessité de se faire aider et d’accepter cette démarche d’aide.

Quelles sont les différentes formes de psychothérapies ?

Bien qu’il existe de multiples façons de soigner  » l’esprit « , que ce soit par le rire, la musique, le sport ou chez le  » psy « , il convient de distinguer deux grandes formes principales de psychothérapie.

Certaines se centrent sur le présent et sur ce qui nous gêne immédiatement, qu’il s’agisse d’un symptôme tel que l’angoisse, une peur de rentrer en contact avec les autres ou une manière particulière de penser lorsque nous sommes déprimés. Cette psychothérapie a pour but de mettre en place des nouvelles procédures pour corriger ces processus : elle est dite comportementale et cognitive.

Dans d’autres cas, la psychothérapie a pour but de comprendre l’origine psychologique des symptômes dépressifs comme l’angoisse, la tristesse, la mésestime de soi… Ce type de psychothérapie dite  » analytique  » fait appel à la mémoire, aux souvenirs depuis l’enfance et au sens qu’ils prennent dans l’édification de notre histoire et de notre personnalité.

Psychothérapie comportementale ou analytique : que choisir ?

Choisir entre ces deux formes revient à se poser la question de savoir si nous préférons nous centrer sur notre présent (pensées, émotions, jugement) que nous pouvons exprimer avec des mots simples :  » J’en ai marre de cela. Ceci m’angoisse… Je rêverai de cette situation alors que je vis celle-ci… « . Ou si nous préférons nous pencher sur notre passé pour comprendre les correspondances entre ce que nous avons vécu et ce que nous vivons aujourd’hui.

Quand nous sommes dépressifs, l’important est de commencer ce travail – quelle que soit la forme choisie — pour se sortir de la dépression. Cette démarche nécessite de ne pas appréhender la thérapie comme un sacerdoce. De ce fait, il est vital d’aller vers ce qui nous semble réalisable.

Ces deux approches psychothérapeutiques sont complémentaires. Nous pouvons très bien commencer par nous pencher sur le présent qui nous fait souffrir avant d’aller  » fouiller  » dans notre vie quelles sont les causes profondes de nos émotions et de nos symptômes dépressifs. D’ailleurs, lorsque nous sommes en phase dépressive, il n’est absolument pas conseillé de s’orienter vers une psychothérapie analytique : le patient en est de toute façon incapable. Noyé dans sa dépression, il ne peut avoir le recul nécessaire sur lui-même pour entamer ce type d’analyse. En revanche, la psychothérapie cognitive est très utile pour traiter, sur le moment, les symptômes de la dépression. Pour schématiser, nous pourrions dire que la psychothérapie cognitive s’attache aux symptômes de la dépression et que la psychothérapie analytique cherche à en comprendre les causes. Or, il est vain de vouloir traiter la cause avant de traiter les symptômes. Ce n’est qu’après avoir mieux cerné nos comportements que nous pourrons aller plus loin dans l’introspection. La psychothérapie analytique, si elle n’est pas indispensable à la guérison, peut toutefois, sur le plus long terme, changer votre vie !

Quand faut-il aller chez le  » psy  » ?

Dès lors que vous ne vous sentez pas bien — malgré les antidépresseurs — que vos angoisses sont certes moins paralysantes, mais bel et bien toujours là, que les crises d’angoisse persistent, que votre humeur oscille et que même la meilleure volonté du monde s’avère inutile : il est temps d’aller voir un  » psy « , que vous choisissiez un psychologue, un psychiatre ou un psychanalyste

La démarche d’aller voir un  » psy  » n’est pas évidente pour tout le monde. D’autant que dans notre société – et c’est pourtant bien paradoxal ! – aller voir son  » psy  » nous colle une mauvaise étiquette. Pourtant, plus d’un million de personnes en France va chez son psy ! L’idée s’élabore progressivement et germe souvent lorsque le recours aux proches est épuisé et que leur réconfort devient inefficace à soulager durablement le mal-être. C’est alors que le besoin d’autre chose se fait sentir et que la personne dépressive prend conscience qu’il lui faut un soutien  » plus sérieux « .

Rappelons qu’il n’est pas indispensable de suivre une psychothérapie pour se sortir d’une dépression mais que toute personne qui décide d’entamer un traitement psychothérapeutique a beaucoup plus de chances de s’en sortir. Le sort de sa vie est entre ses mains !

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