Pourquoi on a une perte de plaisir quand on est dépressif ?

Nous avons tous des activités que nous aimons faire, des amis que nous aimons voir, des petites habitudes qui nous tiennent à coeur comme prendre un café en terrasse le dimanche après avoir fait son marché, flâner, se balader… Nous avons tous nos petits plaisirs qui agrémentent notre vie quotidienne, nous font  » décompresser  » de la routine et ren­forcent notre intérêt pour la vie. Dans la dépression, ces petits bonheurs simples disparaissent. Tout semble égal, terne et sans intérêt. Plus rien ne nous tente. Non seulement nous avons une flême qui nous paralyse à faire les choses, mais en plus, nous avons perdu le plaisir à faire quoi que ce soit. Nous n’avons plus envie d’aller au cinéma, nos amis ou notre conjoint a beau nous proposer de sortir, d’aller au resto ou de faire ce qui d’habitude nous réjouit, nous répon­dons las que cela ne nous dit rien.  » J’ai pas envie  » revient inlassablement, comme  » Tout ce que je mange a le même goût  » et  » Toutes les personnes que je croise sont sans inté­rêt « . Le déprimé a l’impression d’être dans une vie qui a perdu tout intérêt, tout sens, toute couleur. Il souffre de cette neutralité, de cette anesthésie affective. Même vis-à-vis des personnes les plus proches. Retrouver ses enfants le soir le laisse indifférent.  » Mon enfant sautait de joie quand je suis allée le chercher à l’école. Autrefois, j’étais aussi heureuse que lui de le retrouver. Aujourd’hui, cela ne me fait rien « . En vie de couple, le déprimé croit ne plus aimer l’autre.

Cette perte du plaisir découle en même temps qu’elle l’entretient – de la tristesse, de la perte d’énergie, de ce sentiment d’inutilité. C’est ainsi que nous préférons nous isoler progressivement et que nous sombrons dans le pessimisme, parfois morbide. Partir en vacances ne nous fait même plus plaisir. Cela en devient même pire car nous voyons les autres s’amuser ou prendre du plaisir, ce qui nous renvoie doublement à notre état de mal-être dépressif. Nous finissons par nous croire un poids pour les autres. Les ruminations dans ce sens s’accélèrent et nous enferment chaque jour un peu plus dans notre monde. Nous nous abandonnons au même titre que nous avons l’impression d’être abandonné. En corrélation avec la tristesse et la perte de plaisir, le dépressif ressent en effet une forte impression d’abandon, d’inutilité et de solitude, liée au sentiment qu’il a que personne ne l’aime, qu’il n’est pas intéressant, qu’il n’a rien à dire.

 

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