Qu’appelle-t-on la maniaco-dépression ?

maniaco-depressionEgalement appelée trouble ou maladie bipolaire, la maniaco-dépression est une forme chronique de dépression où la personne oscille constamment entre deux pôles : le pôle maniaque et le pôle dépressif. Ce trouble bipolaire se caractérise par une succession d’épisodes où la personne passe de l’exaltation excessive et maladive à une profonde déprime. Elle oscille entre deux pôles extrêmes de l’humeur, rechutant sans cesse de l’épisode maniaque à l’épisode dépressif.

Entre ces deux épisodes, le sujet retrouve une période d’accalmie (appelée intervalle libre) avec retour à l’état habituel. Les troubles maniaco-dépressifs se définissent par le type ou l’intensité des accès ou encore par la durée des intervalles libres entre deux épisodes.

Précisons qu’en termes médicaux, « maniaque » ne signifie pas ce que le langage courant nomme « manie ». Il ne s’agit pas d’une personne obnubilée par le ménage, les portes mal fermées, ou les chaussures mal rangées ! En langage clinique, « maniaque » correspond à des comportements que les psychiatres assimilent à « obsessions », des attitudes en apparence fantaisistes où la personne est « tout feu tout flamme », excessivement exubérante.

La phase maniaque

Lorsqu’une personne traverse un épisode maniaque, voici quelles en sont les caractéristiques.

La fatigue habituelle du déprimé se transforme en excitation, le ralentissement en agitation, et le pessimisme par une assurance sans fondement. Cet état euphorique, appelé état maniaque, conduit à des attitudes déplacées, à des gestes, des actes incongrus ou des dépenses inconsidérées. Ainsi, il n’est pas rare de voir des personnes maniaques dépenser 10.000 € en une journée pour se refaire une garde-robe alors que la personne ne possède pas cet argent sur son compte bancaire. Ou bien, elle pourra signer un papier la rendant propriétaire d’un appartement qu’elle n’aura jamais les moyens de payer. La personne « pète les plombs », dirait-on aujourd’hui ! Elle n’a absolument pas conscience de la portée de ses actes et souvent, ces personnes sont juridiquement placées sous curatelle. Une personne extérieure gère leur compte.

Pour les femmes célibataires, la période maniaque peut se traduire par un besoin intense de reconnaissance et de séduction. Elles vont sortir tous les soirs, jusqu’à tard dans la nuit, passer d’un amant à l’autre.

La vie intellectuelle du maniaque semble foisonnante, intense. La personne regorge d’idées qu’elle estime géniales, extraordinaires. La personne aime parler, se donner en spectacle. L’entourage, qui a trouvé cela plaisant sur le moment finit pas s’en lasser car plus personne ne peut « en placer une » ! Le maniaque est dans le besoin avide de parler, de bouger et de faire réagir l’entourage. Malheureusement, cet état qui semble agréable au début, ne permet pas à la personne victime de troubles bipolaires, de s’adapter à l’environnement.

Tout ce passe comme si la personne était sous amphétamine. Car d’autre part, elle a plutôt tendance à manger moins et à dormir moins — alors que l’inverse va se manifester dans l’épisode dépressif.

La rechute

Comme le propre de la maniaco-dépression est l’alternance d’épisodes maniaques et dépressifs, il est plus juste de nommer les épisodes dépressifs des rechutes. La récidive d’épisodes dépressifs fait hélas partie de l’évolution naturelle de la maladie et lui est inhérente. La réapparition régulière de la dépression ne signifie pas que l’épisode dépressif antérieur a été mal traité. La rechute est une caractéristique propre à la maladie maniaco-dépressive et son traitement agit spécifiquement sur la régulation de l’humeur : les médicaments prescrits sont nommés thymorégulateurs ou stabilisateurs d’humeur. Ils ne peuvent venir à bout de la maladie mais peuvent espacer l’apparition des épisodes dépressifs et maniaques, en même temps qu’ils vont diminuer leur intensité. La personne sera donc plus régulière. Les épisodes dépressifs et maniaques seront certes là, mais moins fréquemment et moins excessivement.
Dans la maniaco-dépression, les rechutes sont généralement de plus en plus rapprochées au fur et à mesure que la maladie évolue. Il faut lutter très efficacement contre ces rechutes dès que les premiers symptômes apparaissent. Ce trouble bipolaire peut être traité préventivement car l’on sait que la personne va rechuter. Le tout est de limiter la gravité de la rechute.

D’autre part, quand une personne rechute dans la dépression (après avoir guéri d’une dépression antérieure) et que les antécédents dépressifs de la personne sont mal connus, la difficulté est de cerner s’il s’agit d’une rechute de dépression unipolaire ou d’un épisode dépressif appartenant à un trouble bipolaire. Les dépressions unipolaires ont tendance à rechuter et beaucoup de dépressions bipolaires ne présentent plus d’épisodes maniaques après un certain temps d’évolution. Seul le médecin psychiatre ou un spécialiste peut établir avec le temps, ce diagnostic.

La phase dépressive

Les périodes dépressives présentent les mêmes symptômes que tout autre forme de dépression. Mais il arrive cependant que cette dépression s’aggrave et génère une autre forme de trouble dépressif appelé la mélancolie.

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