Qu’appelle-t-on un antidépresseur ?

depression-antidperesseurLes antidépresseurs sont des psychotropes (des sub­stances qui modifient le psychisme). Ils sont destinés à faire disparaître la tristesse et les troubles de l’humeur. Certains peuvent avoir un effet  » stimulant  » : ils agissent en priorité sur la fatigue psychique et physique. D’autres vont être dits  » sédatifs  » : ils calment l’angoisse du patient et améliorent son sommeil. Si les antidépresseurs agissent plus spécifi­quement sur un aspect, beaucoup agissent simultanément comme tranquillisants et stimulants.

Parallèlement aux antidépresseurs, le médecin peut pres­crire un autre psychotrope de la famille des tranquillisants. Un tel médicament permet de calmer l’angoisse. Il est donc prescrit lorsque la dépression s’accompagne d’une forte anxiété. Mais en aucun cas, le tranquillisant n’agit sur la tris­tesse et la cause des troubles. A lui seul, il ne peut guérir la dépression. D’autre part, les antidépresseurs provoquant une levée de l’inhibition, c’est alors que les angoisses peu­vent ressurgir : d’où la prescription d’anxiolytiques pendant les premiers temps du traitement.

Action et optimisation de l’efficacité de l’antidépres­seur

Un antidépresseur commence à faire effet au bout d’une quinzaine de jours. Si aucune amélioration n’est constatée, le médecin ou le psychiatre peut modifier la dose ou chan­ger d’antidépresseur en choisissant une molécule plus adap­tée à la pathologie et à la réaction du patient. Le traitement dure en moyenne six mois, avant d’être diminué progressi­vement. En dessous de cette durée, les risques de rechute sont élevés. L’antidépresseur est plus efficace s’il est accom­pagné d’une psychothérapie qui elle, conduit le patient à comprendre puis à analyser ses symptômes dépressifs et les facteurs déclenchants. Momentanément, l’antidépresseur soulage la souffrance du patient en agissant sur les symp­tômes (tristesse, fatigue, ruminations…). Mais la seule prise en charge vraiment viable et efficace est la psychothérapie, élément moteur de la guérison. Le psy aide à analyser les moments douloureux de l’existence et ce qui est vécu comme tel par le patient. Elle peut commencer après que les antidépresseurs aient commencé à agir : comme ils permet­tent au patient de retrouver ses capacités, celui-ci peut entreprendre un travail sur lui.

Les différentes familles

Découverts en 1957, les antidépresseurs améliorent l’hu­meur dépressive et font disparaître la tristesse et le ralentis­sement pathologiques. A cette date, deux molécules ont été synthétisées : l’iproniazide et l’imipramine.

– L’iproniazide a inauguré la famille des antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la monoamine-oxydase, enzyme ayant pour action de générer le catabolisme des monoamines intervenant dans la neurotransmission. L’action des IMAO est de s’opposer à la dégradation des monoamines cérébrales, augmentant par conséquent leur concentration et leur activité.

– L’imipramine est le chef de file des antidépresseurs tri-cycliques. Son effet, évident dès les premiers jours, est progressif et ne s’accomplit qu’au bout de trois semaines. Tous les symptômes de la dépression s’atté­nuent peu à peu : le dépressif a moins de préoccupa­tions d’obsessions et d’idées noires, il retrouve le som­meil et l’appétit, de l’optimisme, du dynamisme et de la concentration intellectuelle. L’action biochimique des tricycliques consiste à augmenter l’action de la noradré­naline, de la sérotonine et de la dopamine au niveau de la synapse.

Il existe quatre familles d’antidépresseurs :
– les tricycliques,
– les inhibiteurs de recapture de la sérotonine (IRS),
– les inhibiteurs de monoamine — oxydase (IMAO),
– les  » nouvelles générations « .

Les tricycliques et imipraminiques, comme le Laroxyl, le Tofranil ou l’Anafranil, sont les plus anciens. Très efficaces, notamment sur les dépressions sévères, ils comportent des effets indésirables, en particulier une cardiotoxicité en cas de surdosage et des risques d’hypertension.

Les sérotoninergiques (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ISRS) sont apparus en 1987. Augmentant la concentration de sérotonine dans les neurones, ils ont une efficacité semblable à celle des tricycliques, mais avec des effets secondaires moindres. Ils provoquent une mise à dis­tance des affects qui soulage la gêne provoquée par les troubles émotionnels. Parmi les ISRS, la fluoxétine (Prozac), la sertraline (Zoloft), la paroxétine (Deroxat), la fluvoxamine (Floxyfral) et le citalopram (Seropram). Leur indication a été ensuite étendue aux troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

Les antidépresseurs à double action, dits de  » nouvelle génération  » sont nés en 1997. Ce sont des stimulants de la sérotonine (on les appelle les sérotoninergiques) et sont dénués d’effets secondaires. Parmi eux, certains vont avoir une action dynamisante et d’autres, une action sédative ou anxiolytique.

L’effet dynamisant des antidépresseurs peut accentuer les insomnies et l’angoisse de la personne dépressive. Tout comme l’effet sédatif peut prédominer et entraîner une asthénie (fatigue) excessive ou une confusion mentale. En règle générale, l’antidépresseur est accompagné d’un autre médicament ayant pour but de contrer ces inconvénients. Mais une personne qui réagit mal à un antidépresseur appar­tenant à une classe thérapeutique donnée, peut très bien en tolérer un autre dont l’action est analogue mais n’ayant pas les mêmes effets secondaires.

Le lithium est-il un médicament miracle ?

Bien qu’il ait été le médicament vedette des années soixante-dix, le lithium prescrit sous forme de carbonate ou de gluconate, supprime en effet les accès maniaques et dépressifs des personnes atteintes de maniaco-dépression.
Régulateur de l’humeur, ce métal ne s’en tient hélas qu’à ce type de troubles dépressifs : les dépressions réactionnelles sont peu sensibles au lithium et les dépressions récidivantes peuvent y réagir de façon favorable mais non constante.

oui-je-veux-sauver-mon-couple