Si l’on est maniaco-dépressif, l’est-on à vie et comment s’en accomoder ?

Stabiliser, c’est guérir

La maniaco-dépression est un trouble bipolaire dont on ne peut venir à bout : la médecine sait stabiliser ce trouble mais non le supprimer. Lorsque nous sommes maniaco-dépressifs, nous le sommes à vie. Cela ne veut pas dire que nous sommes mal tous les jours de notre vie. Mais nous avons un terrain biologique qui lui, est permanent.
En quelque sorte, nous pourrions comparer une personne maniaco-dépressive à une personne atteinte de diabète. Toute sa vie, le diabétique doit surveiller son alimentation et suivre un traitement médicamenteux de fond et constant pour réguler son taux de glycémie dans le sang. Il en va de même pour les personnes atteintes d’hypertension artérielle. Un traitement constant est indispensable sinon, la personne peut chuter à tout moment.

Pour le sujet atteint de maniaco-dépression, il est important de ne pas considérer cette maladie comme  » tabou  » et de se dire  » je suis dépressif à vie « . Car même si l’on ne peut empêcher la réapparition des épisodes dépressifs, les traitements anti-dépresseurs aident le patient à sortir de cette mauvaise passe. Toute maniaco-dépression nécessite un traitement de fond : la prescription d’un thymorégulateur permet de réguler l’humeur et stabilise les phases de dépression et de maniaquerie. Une fois de plus, il est important d’accepter que la maniaco-dépression ne se guérit pas mais se stabilise. La visée du traitement est de réguler et non d’agir au coup par coup dès que la personne sombre dans un excès ou dans l’autre.

Une psychothérapie est-elle indispensable dans le cadre d’une maniaco-dépression ?

Une psychothérapie n’enlève pas le terrain qui fait qu’inévitablement la dépression revient cycliquement. Mais elle peut avoir pour fonction d’accepter d’avoir cette faille et cette difficulté. Pour le patient, il est indispensable d’accepter d’avoir un soutien pour accepter sa maladie chronique.
La psychothérapie permet de traiter autrement les facteurs déclenchants de l’épisode dépressif : une déception, un choc… Car même si le terrain biologique est en partie responsable du déclenchement chronique des épisodes dépressifs, ces derniers sont également favorisés par des facteurs extérieurs qu’une psychothérapie a pour but d’appréhender différemment. La personne maniaco-dépressive n’est pas constamment d’humeur dépressive ou maniaque. Elle n’est pas non plus déprimée dès qu’elle a une contrariété. Par contre, elle vit dans la crainte de replonger à tout moment dans la dépression. Ce pourquoi il lui est nécessaire de renforcer sa capacité à faire face aux évènements extérieurs pour que ces derniers ne l’ébranlent pas à la moindre occasion. La psychothérapie de la maniaco-dépression est essentiellement préventive. Mais en prévenant le patient, elle le rend moins vulnérable grâce à la compréhension qu’il peut avoir de ses modes de réaction face à l’extérieur.

maniaco-depression-2Peut-on vivre normalement avec une maniacodépression ?

Si nous avons fait plusieurs épisodes dépressifs, que nous avons des antécédents familiaux de dépression, les caractéristiques d’une maladie endogène et le terrain biologique de la maladie, cela n’empêche pas de vivre au quotidien. Nombreuses sont les personnes qui mènent une vie active intense alors qu’elles ont ce terrain biologique d’une dépression bipolaire ou endogène. Mais il est en revanche indispensable de suivre un traitement préventif de fond et constant de régulation de l’humeur. Grâce à cela, les symptômes s’atténuent considérablement et la personne n’est pas handicapée dans sa vie quotidienne. Il est évident qu’elle va avoir  » des jours avec et des jours sans  » mais ses variations d’humeur ne seront pas plus prononcées que chez n’importe quel individu dont le moral n’est pas tous les jours au beau fixe. La maxime  » mieux vaut prévenir que guérir  » s’avère particulièrement vraie dans le cas de la maniacodépression.

En revanche, une personne bipolaire a beau être  » à l’abri  » de rechute dépressive ou maniaque grâce aux régulateurs d’humeur, si elle sent des symptômes de dépression ou de maniaquerie se manifester, son réflexe doit être d’aller voir sans attendre son médecin.

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